Quelle est la différence entre un CELI et un REER?

Vous avez de la difficulté à choisir entre un CELI ou un REER pour votre épargne? Nous avons dressé la liste des avantages de chacun pour vous aider à faire un choix.

Quand vous décidez de dépenser ou d’investir votre argent, il est difficile de ne pas se laisser tenter par des extravagances ou un voyage bien mérité. Bien que ces deux possibilités semblent irrésistibles, il est probablement plus sage d’investir. Une fois que vous avez pris cette décision, il vous faut encore choisir entre un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et un compte d’épargne libre d’impôt (CELI)?

Le REER a été créé par le gouvernement canadien pour inciter les particuliers à épargner en leur permettant de reporter l’impôt; nous l’apprécions parce que les cotisations déductibles d’impôt donnent souvent lieu à un très attrayant remboursement d’impôt. C’est une véritable aubaine!

Le CELI est presque l’opposé d’un REER. Vous pouvez cotiser jusqu’à 6 000 $ à votre CELI chaque année (remarque : cette somme peut changer d’une année à l’autre), et vous ne paierez pas d’impôt sur les gains en capital, les intérêts ou les dividendes que rapporte votre compte. Cependant, contrairement à un REER, vous ne pouvez pas déduire vos cotisations lorsque vous remplissez votre déclaration de revenus.

Comme vous l’avez peut-être déjà deviné, la différence entre ces deux types de comptes va plus loin que les remboursements d’impôt et les plafonds de cotisation. Voyons ce qu’il en est.

Qu’est-ce qu’un REER?

Un REER, c’est le régime qu’on s’est toujours fait dire qu’il fallait avoir pour épargner en vue de la retraite, et ce n’est pas sans raison. Vous pouvez cotiser tout au plus 18 % de votre revenu gagné et jusqu’à concurrence de 27 230 $ (remarque : cette somme peut aussi changer d’une année à l’autre), et l’impôt perçu sur vos cotisations vous est remboursé chaque année. Il ne faut pas se leurrer cependant. Il vous faudra payer l’impôt quand vous retirerez l’argent à la retraite, car un compte REER n’est pas libre d’impôt, il permet seulement de le reporter. L’avantage réside dans le fait que votre tranche d’imposition est généralement plus basse à la retraite que pendant vos années d’emploi, ce qui vous permettra de conserver une plus grande partie de votre argent en fin de compte. Si vous avez besoin d’effectuer un retrait de votre REER avant la retraite, il est possible de le faire sans pénalité dans certaines situations :

  • Régime d’accession à la propriété (RAP) : Les acheteurs d’une première maison peuvent retirer jusqu’à 35 000 $ de leur REER, mais ont 15 ans pour rembourser les fonds au régime.
  • Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) : Vous avez décidé de poursuivre vos études? Vous pouvez emprunter jusqu’à 10 000 $ par année, jusqu’à concurrence de 20 000 $, pour acquitter le coût d’études à temps plein pour vous ou votre conjoint et vous avez 10 ans pour remettre ce montant dans votre régime.

Pourquoi les gens aiment-ils le REER?

  • Pour beaucoup d’entre nous, épargner dans un REER est une priorité parce que cela nous permet d’obtenir un remboursement d’impôt. Cela dit, et même si c’est difficile à admettre, il est préférable de cotiser aussi le montant du remboursement d’impôt pour vraiment en tirer le maximum.
  • L’impôt qu’il vous faut payer si vous retirez de l’argent avant la retraite (autrement que dans le cadre d’un RAP ou d’un REEP) vous oblige à devenir un épargnant averti.
  • Pour les particuliers qui gagnent un revenu élevé, un REER est un véritable cadeau puisqu’il leur permet d’investir dans des placements canadiens et américains, et une fois à la retraite, de retirer leurs fonds en profitant d’un taux d’imposition inférieur.

Points à retenir sur le REER

  • Le compte permet de reporter l’impôt, il n’est pas exempt d’impôt. Si le régime de retraite de votre employeur est généreux, vos droits de cotisation REER seront très bas, et vous risquez de payer beaucoup d’impôt lorsque votre REER s’ajoutera à votre rente.
  • La vie est remplie de surprises, et un REER ne vous donne pas beaucoup de latitude s’il vous faut accéder à vos fonds sans attendre. Si vous retirez de l’argent de votre REER avant la retraite, les fonds feront l’objet de retenues d’impôt à la source, à un taux se situant entre 10 et 30 %.
  • Un REER n’est pas nécessairement le produit de placement idéal pour les particuliers dont le revenu est bas. Il ne leur procurera pas un gros remboursement d’impôt puisqu’ils n’auront pas payé beaucoup d’impôt pendant l’année.
  • Les particuliers qui reçoivent un bon remboursement d’impôt doivent s’employer à le réinvestir puisqu’ils se priveront sinon du véritable avantage qu’offre un REER.

Qu’est-ce qu’un CELI?

Pour beaucoup, le CELI convient tout à fait comme compte d’épargne et de placement. Peu importe votre revenu, un CELI vous permet de faire croître votre argent, à l’abri de l’impôt. Il s’agit d’une bonne option lorsque vous épargnez en vue d’un objectif particulier à court terme, puisque vous pouvez effectuer un retrait en tout temps, sans pénalité. Tout comme un REER, vous pouvez détenir à peu près n’importe quel type de placement dans votre CELI.

Chaque année, une somme additionnelle s’ajoute au plafond de cotisation de votre CELI, à partir de l’année de vos 18 ans. Par exemple, si vous aviez 18 ans ou plus avant 2009, vous pouvez déposer le plein montant de 69 500 $ dans votre CELI, alors que si vous avez eu 18 ans en 2014, vous pouvez cotiser jusqu’à 44 000 $. Ce tableau vous aidera à déterminer vos droits de cotisation :

Années Plafond annuel de cotisation Plafond cumulatif de cotisation
De 2009 à 2012 5 000 $ 20 000 $
2013 et 2014 5 500 $ 31 000 $
2015 10 000 $ 41 000 $
De 2016 à 2018 5 500 $ 57 500 $
2019 et 2020 6 000 $ 69 500 $

Pourquoi les gens aiment-ils le CELI?

  • Vous avez besoin d’argent pour des vacances, un mariage ou simplement un imprévu? Un CELI offre toute la souplesse voulue, afin que vous puissiez accéder à votre argent quand vous en avez besoin.
  • Étant donné que vous avez déjà payé l’impôt sur les sommes déposées dans votre CELI, vous pouvez effectuer un retrait à la retraite sans que cela n’affecte votre taux d’imposition.
  • Les particuliers qui gagnent un revenu modeste ne recevront probablement pas un remboursement d’impôt substantiel s’ils cotisent à leur REER, ce qui rend le CELI plus attrayant dans leur cas.
  • À l’inverse, il peut aussi être approprié pour les particuliers qui ont un revenu très élevé d’investir leur épargne-retraite dans un CELI puisque le revenu qu’ils en tirent ne viendra pas augmenter leur taux d’imposition à la retraite. L’argent retiré d’un CELI n’aura aucune incidence sur leurs impôts.
  • À la retraite, il peut être difficile de joindre les deux bouts et certains Canadiens compteront sur les prestations de la Sécurité de la vieillesse (SV) pour suppléer à leur revenu. Il est donc bon de savoir que les sommes placées dans un CELI n’affecteront pas les prestations de la SV, contrairement à un REER.
  • Tous les gains en capital, dividendes et intérêts que vous rapporte votre CELI peuvent s’accumuler à l’abri de l’impôt. Si vous commencez à profiter des revenus composés tôt, vous en tirerez un avantage considérable à long terme.
  • Si vous retirez de l’argent de votre CELI, vous pouvez le réinvestir par la suite (mais pas dans la même année que le retrait).
  • Tous les droits de cotisation inutilisés s’accumulent, ce qui vous permet de verser plus d’argent dans votre compte quand vous le pouvez.

Points à retenir sur le CELI

  • La grande souplesse avec laquelle il est possible d’effectuer des retraits peut nuire à l’atteinte des objectifs de retraite.
  • Bien des employeurs contribuent aux REER et versent des cotisations de contrepartie, mais très peu le font aussi pour les CELI.
  • Étant donné que pour la plupart d’entre nous, le revenu gagné au travail est plus élevé que le revenu touché à la retraite, un REER constitue le meilleur choix pour les cotisations d’épargne-retraite.
  • Si vous placez votre CELI dans un compte d’épargne à taux d’intérêt élevé d’une grande banque, vous n’en tirez pas pleinement avantage. Un CELI qui est investi dans un compte de placement mettra vraiment votre argent à contribution, et permettra de mieux exploiter l’exemption d’impôt associée au compte.

Est-ce qu’un CELI ou un REER vous convient?

Avant de choisir l’une ou l’autre option, il est important d’avoir une conversation honnête sur vos finances et vos objectifs. Demandez-vous simplement quelle est votre raison d’épargner.

Aurez-vous besoin d’accéder à votre argent pour satisfaire des objectifs à court terme, ou seulement à la retraite? Si vous épargnez pour un mariage ou pour l’achat d’une maison, un CELI peut être la solution. Même si vous pouvez emprunter jusqu’à 25 000 $ de votre REER pour l’achat de votre première maison, il vous faudra rembourser ce montant en 15 ans.

Vous avez les moyens d’épargner, mais trouvez difficile de vous priver? Il peut être préférable de placer votre argent dans un REER, car cela vous empêchera de vous en servir pour faire des achats spontanés.

Autres points à retenir

  • Avez-vous des dettes? Si le taux d’intérêt de vos dettes est plus élevé que le rendement de vos placements ou économies, commencez par rembourser vos dettes avant de vous mettre à épargner.
  • Si votre employeur offre un programme de cotisations patronales de contrepartie au REER, faites-vous un devoir d’en profiter immédiatement. C’est de l’argent gratuit et il n’y a pas mieux

Évidemment, nous ne sommes pas tous dans la même situation, et ces lignes directrices ne conviendront pas à tout le monde. Si vous hésitez toujours entre un CELI et un REER, nous pouvons vous mettre en relation avec un conseiller de confiance avec lequel vous pourrez discuter de vos objectifs et de la meilleure façon de les atteindre. Le choix d’un REER ou d’un CELI ne devrait pas être un casse-tête. Vous pouvez compter sur nous pour vous aider à décider.